Cuisine arabe : noms des plats en arabe (avec prononciation)

Cuisine arabe : noms des plats en arabe (avec prononciation)

Cuisine arabe : noms des plats en arabe (avec prononciation)

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Xi HUANG

·

30 juillet 2026

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Photo : Luna Wang sur Unsplash.

La cuisine est sans doute la porte d'entrée la plus généreuse vers une langue. On y trouve des mots concrets, ancrés dans des gestes, associés à des souvenirs — et donc particulièrement faciles à retenir. Pour l'arabe, cette porte est d'autant plus intéressante que les noms de plats voyagent d'un pays à l'autre en changeant de forme, de prononciation, parfois de sens.

Dans cet article, nous vous proposons un tour du vocabulaire de la cuisine arabe : les grands plats, leur nom en arabe, leur prononciation approximative, et ce que ces mots révèlent du fonctionnement de la langue. Aucun prérequis n'est nécessaire, pas même la lecture de l'alphabet.

Une précision utile avant de commencer

Quand on parle d'« arabe », on désigne en réalité deux réalités complémentaires. L'arabe littéraire (al-fuṣḥā) est la langue commune de l'écrit, des médias et de l'enseignement, comprise de l'Atlantique au Golfe. Les dialectes — marocain, algérien, tunisien, égyptien, levantin, golfique — sont les langues du quotidien, et c'est là que le vocabulaire culinaire vit vraiment.

Concrètement, un plat porte souvent un nom littéraire stable et plusieurs prononciations régionales. Nous indiquons ci-dessous la forme la plus répandue, en signalant les variantes notables. Les transcriptions sont volontairement simplifiées : le point sous une lettre (ḥ, ṣ, ṭ) indique un son plus profond, articulé vers l'arrière de la gorge.

Les grands plats, région par région

Maghreb

  • كسكس — kuskus / couscous. Le mot est d'origine berbère et désigne à la fois la semoule et le plat. Au Maroc et en Algérie, on entend souvent seksou ou ta'am (littéralement « la nourriture » — signe de son statut de plat par excellence).

  • طاجين — ṭājīn. Prononcé « ta-jine ». Le mot désigne d'abord le plat en terre cuite à couvercle conique, puis par extension ce qu'on y prépare. Un bon exemple de métonymie, exactement comme « une casserole » en français.

  • حريرة — ḥarīra. « Ha-ri-ra », avec un h très expiré. Cette soupe marocaine tire son nom de la racine ḥ-r-r, liée à la chaleur et à la soie — une texture soyeuse et chaude.

  • بريك — brīk. Le feuilleté tunisien à l'œuf, dont le nom vient probablement du turc börek.

Levant

  • حمّص — ḥummuṣ. Attention : le mot signifie littéralement « pois chiche ». Le plat complet se dit ḥummuṣ bi-ṭaḥīna, « pois chiches au sésame ».

  • كبّة — kibba (kibbeh). Boulettes de blé concassé et de viande, emblématiques de la Syrie et du Liban. À ne pas confondre avec kabāb, la brochette, qui relève d'une racine différente.

  • تبّولة — tabbūla. Le taboulé, dont la version levantine est majoritairement composée de persil — bien loin de la salade de semoule vendue en France sous ce nom.

  • فتّوش — fattūsh. De la racine f-t-t, « émietter » : la salade au pain grillé émietté. La même racine donne fatta, autre plat à base de pain.

  • منسف — mansaf. Le plat national jordanien, agneau au yaourt fermenté et riz, servi sur un grand plateau partagé. Son nom vient d'ailleurs du mot désignant ce plateau.

Égypte et Golfe

  • كشري — kushari. Le plat populaire égyptien par excellence : riz, lentilles, pâtes, sauce tomate et oignons frits.

  • ملوخيّة — mulūkhiyya. Une soupe verte à la corète potagère, dont le nom serait lié à malik, « roi ».

  • مجبوس — majbūs (ou kabsa en Arabie saoudite). Riz épicé à la viande, plat central de la péninsule Arabique.

Ce que ces mots vous apprennent de la langue

Le vrai bénéfice de cette liste n'est pas la liste elle-même. C'est ce qu'elle révèle du système des racines, qui est le cœur du fonctionnement de l'arabe.

En arabe, l'immense majorité des mots se construit sur une racine de trois consonnes porteuse d'un sens général, à laquelle on applique des schémas réguliers. Prenons k-b-b : elle évoque l'idée de rouler en boule. Elle donne kibba, la boulette. Prenons ṭ-b-kh, liée à la cuisson : elle donne maṭbakh (la cuisine, le lieu), ṭabbākh (le cuisinier), ṭabkha (un plat préparé).

Le schéma ma- + racine indique très souvent le lieu de l'action : maṭbakh la cuisine, maktab le bureau (de k-t-b, écrire), maṭ'am le restaurant (de ṭ-'-m, se nourrir). Le schéma fa''āl désigne le métier : khabbāz le boulanger (kh-b-z, le pain), ṭabbākh le cuisinier.

Une fois ce mécanisme compris, apprendre l'arabe cesse d'être une accumulation de mots isolés pour devenir un travail de reconnaissance de familles. C'est l'un des points où les apprenants basculent, et l'un des plus gratifiants.

À table : les mots de la convivialité

Connaître les plats ne suffit pas. Ce qui se dit autour de la table compte au moins autant, et ces formules sont parmi les plus utiles à mémoriser tôt, parce qu'elles reviennent à chaque repas.

  • بسم الله — bismillāh, prononcé avant de commencer à manger. Formule d'usage extrêmement courant, y compris dans des contextes non religieux.

  • صحّة — ṣaḥḥa (« santé »), au Maghreb, l'équivalent de « bon appétit ». On répond Allah yaʿṭīk ṣaḥḥa.

  • صحتين — ṣaḥtayn (« deux santés ») au Levant, dit avant ou après le repas.

  • لذيذ — ladhīdh — délicieux. Un mot que tout hôte sera ravi d'entendre.

  • شبعت — shabiʿt — « je suis rassasié », indispensable quand on vous ressert pour la quatrième fois.

  • تفضّل — tafaḍḍal — « je vous en prie, servez-vous ». Une formule d'invitation qui dépasse largement la table : elle sert à faire entrer quelqu'un, à lui offrir un siège, à lui passer un objet.

Ces expressions ont une particularité intéressante : elles se conjuguent en genre et en nombre. Tafaḍḍal à un homme, tafaḍḍalī à une femme, tafaḍḍalū à un groupe. C'est une bonne première rencontre avec un trait fondamental de l'arabe, où le genre de l'interlocuteur est marqué jusque dans les verbes.

Les mots arabes déjà présents en français

Vous connaissez plus d'arabe culinaire que vous ne le pensez. Le français a emprunté abondamment, souvent via l'espagnol ou l'italien :

  • Sucre, de sukkar

  • Sirop et sorbet, tous deux de la racine sh-r-b, « boire » — la même qui donne shurba, la soupe

  • Épinard, de isbānākh

  • Abricot, de al-barqūq

  • Estragon, safran, carafe, artichaut

Ces mots sont d'excellents points d'appui : ils vous donnent immédiatement une prononciation familière sur laquelle greffer le reste.

Comment utiliser ce vocabulaire pour progresser

Quelques pistes simples, à appliquer dès cette semaine :

  1. Partez de vos racines, pas de listes. Regroupez les mots par famille de consonnes plutôt que par thème. Votre mémoire retient les structures bien mieux que les inventaires.

  2. Lisez les emballages. Dans une épicerie orientale, les étiquettes bilingues sont un support de lecture idéal : les mots sont courts, répétés et contextualisés.

  3. Cuisinez en nommant. Dire à voix haute les ingrédients pendant que vous les manipulez associe le mot à un geste. C'est une des mémorisations les plus robustes qui soient.

  4. Choisissez une variété de référence. Décidez si vous visez plutôt le levantin, le maghrébin ou le littéraire, et gardez-la comme fil directeur. Vous croiserez les autres naturellement.

Ce détour par la cuisine illustre notre manière d'enseigner : partir de ce qui est concret, familier, plaisant, pour installer ensuite la structure. C'est ce que nous résumons par apprendre autrement, apprendre en s'amusant.

Pour aller plus loin

Pour comprendre l'articulation entre littéraire et dialectes, choisir la variété adaptée à votre projet et découvrir les parcours possibles, consultez notre guide complet : apprendre l'arabe en France en 2026.

Nos cours d'arabe accueillent des profils très variés — héritage familial, projet professionnel, intérêt culturel, démarche spirituelle — en présentiel comme en visioconférence, ce qui nous permet d'accompagner des apprenants bien au-delà de l'Île-de-France. Le premier échange sert justement à définir la variété et le rythme qui vous conviennent.

Xi HUANG

La cuisine est sans doute la porte d'entrée la plus généreuse vers une langue. On y trouve des mots concrets, ancrés dans des gestes, associés à des souvenirs — et donc particulièrement faciles à retenir. Pour l'arabe, cette porte est d'autant plus intéressante que les noms de plats voyagent d'un pays à l'autre en changeant de forme, de prononciation, parfois de sens.

Dans cet article, nous vous proposons un tour du vocabulaire de la cuisine arabe : les grands plats, leur nom en arabe, leur prononciation approximative, et ce que ces mots révèlent du fonctionnement de la langue. Aucun prérequis n'est nécessaire, pas même la lecture de l'alphabet.

Une précision utile avant de commencer

Quand on parle d'« arabe », on désigne en réalité deux réalités complémentaires. L'arabe littéraire (al-fuṣḥā) est la langue commune de l'écrit, des médias et de l'enseignement, comprise de l'Atlantique au Golfe. Les dialectes — marocain, algérien, tunisien, égyptien, levantin, golfique — sont les langues du quotidien, et c'est là que le vocabulaire culinaire vit vraiment.

Concrètement, un plat porte souvent un nom littéraire stable et plusieurs prononciations régionales. Nous indiquons ci-dessous la forme la plus répandue, en signalant les variantes notables. Les transcriptions sont volontairement simplifiées : le point sous une lettre (ḥ, ṣ, ṭ) indique un son plus profond, articulé vers l'arrière de la gorge.

Les grands plats, région par région

Maghreb

  • كسكس — kuskus / couscous. Le mot est d'origine berbère et désigne à la fois la semoule et le plat. Au Maroc et en Algérie, on entend souvent seksou ou ta'am (littéralement « la nourriture » — signe de son statut de plat par excellence).

  • طاجين — ṭājīn. Prononcé « ta-jine ». Le mot désigne d'abord le plat en terre cuite à couvercle conique, puis par extension ce qu'on y prépare. Un bon exemple de métonymie, exactement comme « une casserole » en français.

  • حريرة — ḥarīra. « Ha-ri-ra », avec un h très expiré. Cette soupe marocaine tire son nom de la racine ḥ-r-r, liée à la chaleur et à la soie — une texture soyeuse et chaude.

  • بريك — brīk. Le feuilleté tunisien à l'œuf, dont le nom vient probablement du turc börek.

Levant

  • حمّص — ḥummuṣ. Attention : le mot signifie littéralement « pois chiche ». Le plat complet se dit ḥummuṣ bi-ṭaḥīna, « pois chiches au sésame ».

  • كبّة — kibba (kibbeh). Boulettes de blé concassé et de viande, emblématiques de la Syrie et du Liban. À ne pas confondre avec kabāb, la brochette, qui relève d'une racine différente.

  • تبّولة — tabbūla. Le taboulé, dont la version levantine est majoritairement composée de persil — bien loin de la salade de semoule vendue en France sous ce nom.

  • فتّوش — fattūsh. De la racine f-t-t, « émietter » : la salade au pain grillé émietté. La même racine donne fatta, autre plat à base de pain.

  • منسف — mansaf. Le plat national jordanien, agneau au yaourt fermenté et riz, servi sur un grand plateau partagé. Son nom vient d'ailleurs du mot désignant ce plateau.

Égypte et Golfe

  • كشري — kushari. Le plat populaire égyptien par excellence : riz, lentilles, pâtes, sauce tomate et oignons frits.

  • ملوخيّة — mulūkhiyya. Une soupe verte à la corète potagère, dont le nom serait lié à malik, « roi ».

  • مجبوس — majbūs (ou kabsa en Arabie saoudite). Riz épicé à la viande, plat central de la péninsule Arabique.

Ce que ces mots vous apprennent de la langue

Le vrai bénéfice de cette liste n'est pas la liste elle-même. C'est ce qu'elle révèle du système des racines, qui est le cœur du fonctionnement de l'arabe.

En arabe, l'immense majorité des mots se construit sur une racine de trois consonnes porteuse d'un sens général, à laquelle on applique des schémas réguliers. Prenons k-b-b : elle évoque l'idée de rouler en boule. Elle donne kibba, la boulette. Prenons ṭ-b-kh, liée à la cuisson : elle donne maṭbakh (la cuisine, le lieu), ṭabbākh (le cuisinier), ṭabkha (un plat préparé).

Le schéma ma- + racine indique très souvent le lieu de l'action : maṭbakh la cuisine, maktab le bureau (de k-t-b, écrire), maṭ'am le restaurant (de ṭ-'-m, se nourrir). Le schéma fa''āl désigne le métier : khabbāz le boulanger (kh-b-z, le pain), ṭabbākh le cuisinier.

Une fois ce mécanisme compris, apprendre l'arabe cesse d'être une accumulation de mots isolés pour devenir un travail de reconnaissance de familles. C'est l'un des points où les apprenants basculent, et l'un des plus gratifiants.

À table : les mots de la convivialité

Connaître les plats ne suffit pas. Ce qui se dit autour de la table compte au moins autant, et ces formules sont parmi les plus utiles à mémoriser tôt, parce qu'elles reviennent à chaque repas.

  • بسم الله — bismillāh, prononcé avant de commencer à manger. Formule d'usage extrêmement courant, y compris dans des contextes non religieux.

  • صحّة — ṣaḥḥa (« santé »), au Maghreb, l'équivalent de « bon appétit ». On répond Allah yaʿṭīk ṣaḥḥa.

  • صحتين — ṣaḥtayn (« deux santés ») au Levant, dit avant ou après le repas.

  • لذيذ — ladhīdh — délicieux. Un mot que tout hôte sera ravi d'entendre.

  • شبعت — shabiʿt — « je suis rassasié », indispensable quand on vous ressert pour la quatrième fois.

  • تفضّل — tafaḍḍal — « je vous en prie, servez-vous ». Une formule d'invitation qui dépasse largement la table : elle sert à faire entrer quelqu'un, à lui offrir un siège, à lui passer un objet.

Ces expressions ont une particularité intéressante : elles se conjuguent en genre et en nombre. Tafaḍḍal à un homme, tafaḍḍalī à une femme, tafaḍḍalū à un groupe. C'est une bonne première rencontre avec un trait fondamental de l'arabe, où le genre de l'interlocuteur est marqué jusque dans les verbes.

Les mots arabes déjà présents en français

Vous connaissez plus d'arabe culinaire que vous ne le pensez. Le français a emprunté abondamment, souvent via l'espagnol ou l'italien :

  • Sucre, de sukkar

  • Sirop et sorbet, tous deux de la racine sh-r-b, « boire » — la même qui donne shurba, la soupe

  • Épinard, de isbānākh

  • Abricot, de al-barqūq

  • Estragon, safran, carafe, artichaut

Ces mots sont d'excellents points d'appui : ils vous donnent immédiatement une prononciation familière sur laquelle greffer le reste.

Comment utiliser ce vocabulaire pour progresser

Quelques pistes simples, à appliquer dès cette semaine :

  1. Partez de vos racines, pas de listes. Regroupez les mots par famille de consonnes plutôt que par thème. Votre mémoire retient les structures bien mieux que les inventaires.

  2. Lisez les emballages. Dans une épicerie orientale, les étiquettes bilingues sont un support de lecture idéal : les mots sont courts, répétés et contextualisés.

  3. Cuisinez en nommant. Dire à voix haute les ingrédients pendant que vous les manipulez associe le mot à un geste. C'est une des mémorisations les plus robustes qui soient.

  4. Choisissez une variété de référence. Décidez si vous visez plutôt le levantin, le maghrébin ou le littéraire, et gardez-la comme fil directeur. Vous croiserez les autres naturellement.

Ce détour par la cuisine illustre notre manière d'enseigner : partir de ce qui est concret, familier, plaisant, pour installer ensuite la structure. C'est ce que nous résumons par apprendre autrement, apprendre en s'amusant.

Pour aller plus loin

Pour comprendre l'articulation entre littéraire et dialectes, choisir la variété adaptée à votre projet et découvrir les parcours possibles, consultez notre guide complet : apprendre l'arabe en France en 2026.

Nos cours d'arabe accueillent des profils très variés — héritage familial, projet professionnel, intérêt culturel, démarche spirituelle — en présentiel comme en visioconférence, ce qui nous permet d'accompagner des apprenants bien au-delà de l'Île-de-France. Le premier échange sert justement à définir la variété et le rythme qui vous conviennent.

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