Partir en Erasmus en Italie : l'italien qu'il faut vraiment

Partir en Erasmus en Italie : l'italien qu'il faut vraiment

Partir en Erasmus en Italie : l'italien qu'il faut vraiment

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Xi HUANG

·

03 septembre 2026

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Photo : Wonderlane sur Unsplash.

Votre dossier Erasmus est parti, ou il est en préparation, et la destination est italienne : Bologne, Padoue, Turin, Milan, Naples. Vient alors la question pratique : quel niveau d'italien faut-il vraiment avoir, et pour quoi faire ?

La réponse tient en une distinction que beaucoup d'étudiants découvrent trop tard : le niveau exigé par l'université et le niveau nécessaire pour vivre là-bas ne sont pas le même niveau. On peut être admis avec un B1 sur le papier et se retrouver muet à la première démarche administrative. Voici ce qu'il faut préparer, et dans quel ordre.

Ce que l'université demande officiellement

Les universités italiennes exigent en général un niveau B1 pour un séjour Erasmus, parfois B2 dans les filières les plus exigeantes ou pour les cours entièrement en italien. Certaines acceptent une attestation de votre université d'origine ; d'autres demandent une certification reconnue — CILS, CELI ou PLIDA.

Deux précisions utiles :

  • Beaucoup de cursus proposent des cours en anglais, surtout en master et en économie, ingénierie ou informatique. Il est donc possible de valider son semestre avec un italien modeste. Possible, mais dommage.

  • Les universités organisent presque toutes des cours d'italien pour étudiants entrants, souvent gratuits, parfois avec une session intensive avant la rentrée. Inscrivez-vous : les places partent vite et c'est le meilleur moyen de rencontrer du monde la première semaine.

Le calendrier compte : les certifications se passent à dates fixes et les résultats mettent plusieurs semaines. Si votre dossier réclame une CILS, comptez-la quatre à six mois avant le départ, pas trois semaines.

Le niveau réel du quotidien

C'est l'autre moitié du sujet, et celle qu'on prépare le moins. Une fois sur place, votre italien vous servira surtout pour :

  1. Le logement. Visiter une chambre, comprendre un contrat, discuter des charges, répondre à une annonce. Le vocabulaire est technique et il arrive dès la première semaine.

  2. L'administration. Codice fiscale, inscription en mairie, sécurité sociale, banque. Les guichets se font en italien, pas en anglais.

  3. L'université elle-même, hors cours. Secrétariat, validation du learning agreement, inscription aux examens. Le personnel administratif italien parle beaucoup moins anglais que les enseignants.

  4. La vie sociale. C'est là que se joue la différence entre un semestre entre étudiants internationaux et un semestre en Italie.

Pour ces quatre usages, un B1 scolaire ne suffit pas : ce n'est pas une question de niveau global, mais de vocabulaire pratique, qu'aucun cours de langue générale ne couvre.

L'avantage énorme du francophone — et son piège

L'italien et le français sont des langues cousines. Le lexique se recoupe massivement, la structure des phrases est proche, et un francophone atteint un niveau de compréhension écrite honorable en quelques mois. C'est un avantage réel : à effort égal, vous progresserez plus vite en italien qu'en allemand ou en russe.

Le piège vient avec l'avantage. Trois pièges, précisément :

Les faux amis

Salire veut dire monter, pas salir. Burro veut dire beurre, pas âne. Camera veut dire chambre, firma veut dire signature, morbido veut dire doux. La ressemblance vous fait deviner juste neuf fois sur dix, et la dixième vous fait dire n'importe quoi avec assurance.

La prononciation approximative

Parce qu'on comprend beaucoup, on croit qu'on prononce bien. Or l'italien exige des choses que le français ne fait pas : les consonnes doubles, qu'il faut réellement tenir (note et notte ne sont pas le même mot), les voyelles finales qui se prononcent toutes, et un accent tonique mobile qui change le sens.

Le franco-italien involontaire

Ajouter une voyelle à la fin d'un mot français ne produit pas de l'italien. Ça marche parfois, ce qui rend l'habitude tenace. Sur un exposé universitaire, ça se voit immédiatement.

Un plan de préparation sur six mois

Si votre départ est dans deux semestres, voici une répartition qui marche :

  • Mois 1 à 2 — les fondations. Présent, passé composé (passato prossimo), articles et prépositions articulées. Prononciation travaillée dès le début, pas plus tard.

  • Mois 3 à 4 — la langue du quotidien. Logement, banque, santé, transports, courses. Vocabulaire concret, mis en situation à l'oral.

  • Mois 5 — l'université. Lexique académique, comprendre un cours magistral, prendre des notes, participer à un séminaire. Si une certification est exigée, c'est le moment de s'y entraîner sur le format réel.

  • Mois 6 — l'oral spontané. Rien que de la conversation. C'est ce qui manque le plus aux étudiants qui arrivent avec un bon niveau écrit.

Deux conseils que personne ne donne

Traitez l'administration comme une matière. Apprenez trente mots de bureaucratie italienne avant de partir — modulo, sportello, marca da bollo, ricevuta, scadenza, tessera. Une heure de préparation vous économise plusieurs matinées de queue et de malentendus.

Décidez à l'avance de ne pas rester entre francophones. C'est le vrai facteur qui sépare ceux qui reviennent bilingues de ceux qui reviennent avec un B1 inchangé. Aucune méthode ne compense six mois passés à parler français dans une colocation d'Erasmus.

Se préparer avec MALAC

Nous accompagnons régulièrement des étudiants avant un départ en Italie, avec un objectif daté et un contenu ajusté à l'usage réel — pas un programme scolaire générique. Les cours se tiennent en groupes de 6 maximum, avec des enseignants italophones natifs, à Massy ou en visioconférence, ce qui convient bien à un étudiant dont l'emploi du temps change chaque semestre.

Nous travaillons la prononciation dès la première séance, parce que c'est ce qui se corrige le plus difficilement une fois installé. Et comme toujours chez nous : apprendre autrement, apprendre en s'amusant.

Sur place : les trois premières semaines décident du semestre

Les étudiants qui reviennent avec un vrai niveau d'italien ont presque tous fait les mêmes choses au début, et elles n'ont rien de spectaculaire.

  1. S'inscrire au cours d'italien de l'université dès le premier jour. Pas pour le contenu seulement : c'est le lieu où l'on rencontre des étudiants d'autres pays qui, eux, ne parlent pas français.

  2. Choisir au moins un cours en italien, même un cours réputé accessible. Un semestre entièrement en anglais neutralise l'immersion.

  3. Éviter la colocation cent pour cent française. C'est l'arbitrage le plus déterminant du séjour, et il se fait dans les deux premières semaines, avant que les habitudes ne se figent.

Une remarque de terrain : les Italiens engagent volontiers la conversation avec un étranger qui essaie, et corrigent sans condescendance. C'est un environnement linguistique bien plus accueillant que la moyenne européenne. Encore faut-il ouvrir la bouche.

Au retour : ne pas tout perdre en un an

C'est la partie négligée. Un étudiant rentre avec un bon B2 oral, reprend ses cours en France, et dix-huit mois plus tard il hésite sur le passé composé. La langue acquise en immersion s'installe vite et s'efface vite, précisément parce qu'elle a été apprise par l'usage plutôt que par la structure.

Deux mesures suffisent à conserver l'essentiel :

  • Un rendez-vous hebdomadaire de conversation. Une heure par semaine maintient un niveau. Rien ne le maintient à zéro heure.

  • Consolider la grammaire une fois rentré. Paradoxal, mais logique : l'immersion donne l'aisance et laisse des trous. Le subjonctif italien, en particulier, s'apprend mal sur le terrain et bien en cours.

Un séjour Erasmus valorisé sur un CV avec un B2 attesté n'a pas la même valeur qu'un séjour mentionné sans niveau. Cela se joue dans l'année qui suit le retour.

Pour aller plus loin

Pour comprendre comment l'italien s'apprend sur la durée, et pas seulement dans l'urgence d'un départ, notre guide apprendre l'italien en France détaille les étapes et les niveaux.

Si vous voulez partir avec un italien qui tient debout au guichet comme en amphi, découvrez nos cours d'italien.

Xi HUANG

Votre dossier Erasmus est parti, ou il est en préparation, et la destination est italienne : Bologne, Padoue, Turin, Milan, Naples. Vient alors la question pratique : quel niveau d'italien faut-il vraiment avoir, et pour quoi faire ?

La réponse tient en une distinction que beaucoup d'étudiants découvrent trop tard : le niveau exigé par l'université et le niveau nécessaire pour vivre là-bas ne sont pas le même niveau. On peut être admis avec un B1 sur le papier et se retrouver muet à la première démarche administrative. Voici ce qu'il faut préparer, et dans quel ordre.

Ce que l'université demande officiellement

Les universités italiennes exigent en général un niveau B1 pour un séjour Erasmus, parfois B2 dans les filières les plus exigeantes ou pour les cours entièrement en italien. Certaines acceptent une attestation de votre université d'origine ; d'autres demandent une certification reconnue — CILS, CELI ou PLIDA.

Deux précisions utiles :

  • Beaucoup de cursus proposent des cours en anglais, surtout en master et en économie, ingénierie ou informatique. Il est donc possible de valider son semestre avec un italien modeste. Possible, mais dommage.

  • Les universités organisent presque toutes des cours d'italien pour étudiants entrants, souvent gratuits, parfois avec une session intensive avant la rentrée. Inscrivez-vous : les places partent vite et c'est le meilleur moyen de rencontrer du monde la première semaine.

Le calendrier compte : les certifications se passent à dates fixes et les résultats mettent plusieurs semaines. Si votre dossier réclame une CILS, comptez-la quatre à six mois avant le départ, pas trois semaines.

Le niveau réel du quotidien

C'est l'autre moitié du sujet, et celle qu'on prépare le moins. Une fois sur place, votre italien vous servira surtout pour :

  1. Le logement. Visiter une chambre, comprendre un contrat, discuter des charges, répondre à une annonce. Le vocabulaire est technique et il arrive dès la première semaine.

  2. L'administration. Codice fiscale, inscription en mairie, sécurité sociale, banque. Les guichets se font en italien, pas en anglais.

  3. L'université elle-même, hors cours. Secrétariat, validation du learning agreement, inscription aux examens. Le personnel administratif italien parle beaucoup moins anglais que les enseignants.

  4. La vie sociale. C'est là que se joue la différence entre un semestre entre étudiants internationaux et un semestre en Italie.

Pour ces quatre usages, un B1 scolaire ne suffit pas : ce n'est pas une question de niveau global, mais de vocabulaire pratique, qu'aucun cours de langue générale ne couvre.

L'avantage énorme du francophone — et son piège

L'italien et le français sont des langues cousines. Le lexique se recoupe massivement, la structure des phrases est proche, et un francophone atteint un niveau de compréhension écrite honorable en quelques mois. C'est un avantage réel : à effort égal, vous progresserez plus vite en italien qu'en allemand ou en russe.

Le piège vient avec l'avantage. Trois pièges, précisément :

Les faux amis

Salire veut dire monter, pas salir. Burro veut dire beurre, pas âne. Camera veut dire chambre, firma veut dire signature, morbido veut dire doux. La ressemblance vous fait deviner juste neuf fois sur dix, et la dixième vous fait dire n'importe quoi avec assurance.

La prononciation approximative

Parce qu'on comprend beaucoup, on croit qu'on prononce bien. Or l'italien exige des choses que le français ne fait pas : les consonnes doubles, qu'il faut réellement tenir (note et notte ne sont pas le même mot), les voyelles finales qui se prononcent toutes, et un accent tonique mobile qui change le sens.

Le franco-italien involontaire

Ajouter une voyelle à la fin d'un mot français ne produit pas de l'italien. Ça marche parfois, ce qui rend l'habitude tenace. Sur un exposé universitaire, ça se voit immédiatement.

Un plan de préparation sur six mois

Si votre départ est dans deux semestres, voici une répartition qui marche :

  • Mois 1 à 2 — les fondations. Présent, passé composé (passato prossimo), articles et prépositions articulées. Prononciation travaillée dès le début, pas plus tard.

  • Mois 3 à 4 — la langue du quotidien. Logement, banque, santé, transports, courses. Vocabulaire concret, mis en situation à l'oral.

  • Mois 5 — l'université. Lexique académique, comprendre un cours magistral, prendre des notes, participer à un séminaire. Si une certification est exigée, c'est le moment de s'y entraîner sur le format réel.

  • Mois 6 — l'oral spontané. Rien que de la conversation. C'est ce qui manque le plus aux étudiants qui arrivent avec un bon niveau écrit.

Deux conseils que personne ne donne

Traitez l'administration comme une matière. Apprenez trente mots de bureaucratie italienne avant de partir — modulo, sportello, marca da bollo, ricevuta, scadenza, tessera. Une heure de préparation vous économise plusieurs matinées de queue et de malentendus.

Décidez à l'avance de ne pas rester entre francophones. C'est le vrai facteur qui sépare ceux qui reviennent bilingues de ceux qui reviennent avec un B1 inchangé. Aucune méthode ne compense six mois passés à parler français dans une colocation d'Erasmus.

Se préparer avec MALAC

Nous accompagnons régulièrement des étudiants avant un départ en Italie, avec un objectif daté et un contenu ajusté à l'usage réel — pas un programme scolaire générique. Les cours se tiennent en groupes de 6 maximum, avec des enseignants italophones natifs, à Massy ou en visioconférence, ce qui convient bien à un étudiant dont l'emploi du temps change chaque semestre.

Nous travaillons la prononciation dès la première séance, parce que c'est ce qui se corrige le plus difficilement une fois installé. Et comme toujours chez nous : apprendre autrement, apprendre en s'amusant.

Sur place : les trois premières semaines décident du semestre

Les étudiants qui reviennent avec un vrai niveau d'italien ont presque tous fait les mêmes choses au début, et elles n'ont rien de spectaculaire.

  1. S'inscrire au cours d'italien de l'université dès le premier jour. Pas pour le contenu seulement : c'est le lieu où l'on rencontre des étudiants d'autres pays qui, eux, ne parlent pas français.

  2. Choisir au moins un cours en italien, même un cours réputé accessible. Un semestre entièrement en anglais neutralise l'immersion.

  3. Éviter la colocation cent pour cent française. C'est l'arbitrage le plus déterminant du séjour, et il se fait dans les deux premières semaines, avant que les habitudes ne se figent.

Une remarque de terrain : les Italiens engagent volontiers la conversation avec un étranger qui essaie, et corrigent sans condescendance. C'est un environnement linguistique bien plus accueillant que la moyenne européenne. Encore faut-il ouvrir la bouche.

Au retour : ne pas tout perdre en un an

C'est la partie négligée. Un étudiant rentre avec un bon B2 oral, reprend ses cours en France, et dix-huit mois plus tard il hésite sur le passé composé. La langue acquise en immersion s'installe vite et s'efface vite, précisément parce qu'elle a été apprise par l'usage plutôt que par la structure.

Deux mesures suffisent à conserver l'essentiel :

  • Un rendez-vous hebdomadaire de conversation. Une heure par semaine maintient un niveau. Rien ne le maintient à zéro heure.

  • Consolider la grammaire une fois rentré. Paradoxal, mais logique : l'immersion donne l'aisance et laisse des trous. Le subjonctif italien, en particulier, s'apprend mal sur le terrain et bien en cours.

Un séjour Erasmus valorisé sur un CV avec un B2 attesté n'a pas la même valeur qu'un séjour mentionné sans niveau. Cela se joue dans l'année qui suit le retour.

Pour aller plus loin

Pour comprendre comment l'italien s'apprend sur la durée, et pas seulement dans l'urgence d'un départ, notre guide apprendre l'italien en France détaille les étapes et les niveaux.

Si vous voulez partir avec un italien qui tient debout au guichet comme en amphi, découvrez nos cours d'italien.

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