Apprendre le japonais quand on parle déjà coréen ou chinois
Apprendre le japonais quand on parle déjà coréen ou chinois
Apprendre le japonais quand on parle déjà coréen ou chinois

Xi HUANG
·
31 juillet 2026

Photo : Kelly Sikkema sur Unsplash.
Vous parlez déjà coréen ou chinois, et vous envisagez le japonais. La question qui vient immédiatement : les trois langues étant asiatiques, l'apprentissage sera-t-il plus facile ?
La réponse dépend entièrement de laquelle des deux vous parlez — et elle est contre-intuitive. Le chinois et le japonais partagent une écriture mais rien de leur grammaire. Le coréen et le japonais ne partagent aucune écriture mais une architecture grammaticale d'une proximité remarquable. Autrement dit, les deux profils bénéficient d'avantages opposés, et il vaut mieux savoir lequel est le vôtre avant de commencer.
Si vous parlez coréen : la grammaire est offerte
C'est de très loin le transfert le plus puissant, et il est régulièrement sous-estimé parce qu'il ne se voit pas au premier coup d'œil.
Le coréen et le japonais partagent une structure de phrase quasi identique :
Ordre sujet-complément-verbe. Le verbe se place en fin de phrase dans les deux langues, avec les mêmes conséquences sur la façon de construire son propos.
Un système de particules parallèle. Le japonais は / が / を / に / で correspond assez directement au coréen 은/는, 이/가, 을/를, 에, 에서. Les valeurs se recoupent au point qu'on peut souvent traduire particule par particule.
La distinction thème/sujet. C'est l'un des points les plus difficiles pour un francophone — la différence entre は et が. Un coréanophone la possède déjà, avec 은/는 contre 이/가.
Les niveaux de politesse encodés dans le verbe. Les deux langues modifient la terminaison verbale selon le rapport social. Le concept est acquis ; seules les formes changent.
Les propositions relatives antéposées. Dans les deux langues, ce qui qualifie un nom se place avant lui, sans pronom relatif. Un francophone met des mois à s'y faire.
Un lexique sino-xénique commun. Une part importante du vocabulaire savant vient du chinois classique dans les deux langues, avec des correspondances de prononciation régulières. 도서관 (dosŏgwan) et 図書館 (toshokan), la bibliothèque, sont le même mot.
En pratique, un coréanophone peut construire des phrases japonaises correctes dès les premières semaines. Ce qui lui manque, c'est le vocabulaire proprement japonais et surtout l'écriture — mais l'architecture, elle, est déjà en place.
Si vous parlez chinois : l'écriture est à moitié acquise
L'avantage est réel, mais il porte sur un autre terrain — et il comporte un piège sérieux.
Ce que vous gagnez. Les kanji japonais sont des caractères chinois. Vous en reconnaissez immédiatement le sens dans la grande majorité des cas, ce qui vous donne un accès à l'écrit inaccessible aux autres débutants. Là où un francophone met deux ans à lire un texte simple, vous en saisissez l'essentiel dès le départ. Vous savez aussi écrire les caractères, avec l'ordre des traits — un savoir-faire qui demande des mois.
Le piège. Chaque kanji japonais possède généralement plusieurs lectures : une ou plusieurs lectures d'origine chinoise (on'yomi) et une ou plusieurs lectures japonaises (kun'yomi). Le caractère 生 en compte plus d'une dizaine. Savoir ce que signifie un caractère ne vous dit donc pas comment le prononcer, et c'est la prononciation qui permet de parler.
Le risque concret est de développer une compréhension écrite très supérieure à la compétence orale — de lire un journal tout en étant incapable de commander un café. C'est un déséquilibre extrêmement fréquent chez les sinophones apprenant le japonais.
Le second piège : les faux amis graphiques. Certains composés s'écrivent pareil et ne signifient plus la même chose. 手紙 signifie « lettre » en japonais et « papier toilette » en chinois. 娘 désigne une fille (au sens d'enfant) en japonais, une mère en chinois. 汽車 est un train à vapeur en chinois, une automobile en japonais. Ils sont peu nombreux mais mémorables.
Ce que le chinois ne vous donne pas du tout : la grammaire. Le chinois est isolant, sans conjugaison ni particules casuelles, avec un ordre sujet-verbe-complément. Le japonais est agglutinant, avec des verbes conjugués et des particules omniprésentes. Sur ce plan, un sinophone part exactement du même point qu'un francophone.
Ce que personne ne récupère : les kana et l'oral
Deux blocs de travail sont incompressibles quel que soit votre profil.
Les hiragana et les katakana, 46 signes chacun. Ils s'apprennent en quelques semaines et conditionnent tout le reste : sans eux, on ne lit ni la grammaire ni les mots étrangers. Aucune langue d'origine ne vous les offre.
La prononciation japonaise. Elle est objectivement simple — peu de sons, syllabes régulières, pas de tons au sens chinois — mais elle demande des ajustements spécifiques. Un sinophone doit désapprendre le réflexe tonal ; un coréanophone doit travailler la distinction entre voyelles longues et brèves, qui change le sens.
Un plan adapté à chaque profil
Si vous venez du coréen : foncez sur l'écriture. Les kana d'abord, puis les kanji par groupes de sens plutôt que par listes. Votre grammaire suivra presque toute seule ; ne perdez pas de temps à réapprendre ce que vous savez déjà. Prévoyez en revanche un travail sérieux sur le vocabulaire d'origine japonaise, qui n'a aucun équivalent coréen.
Si vous venez du chinois : priorité absolue à l'oral et à la grammaire. Résistez à la tentation de vous appuyer sur les kanji, qui vous donneront un faux sentiment de progression. Une règle utile : pendant les trois premiers mois, travaillez principalement en kana et à l'oral, quitte à sous-utiliser votre avance graphique. Elle vous attendra.
Dans les deux cas : parlez dès la première séance. C'est le point qui distingue ceux qui progressent de ceux qui accumulent des connaissances sans jamais les activer.
Combien de temps gagne-t-on ?
Des repères, pour deux heures hebdomadaires avec une pratique quotidienne courte, comparés au parcours d'un francophone sans langue asiatique :
Coréanophone : environ 40 % de temps en moins jusqu'au niveau intermédiaire. Le gain porte sur la grammaire, qui représente l'essentiel de l'effort initial.
Sinophone : environ 30 % de temps en moins, mais réparti très inégalement — un gain énorme sur la lecture, quasi nul sur l'expression orale.
Les deux à la fois : le profil idéal, avec un gain qui peut dépasser la moitié du temps. C'est rare, mais cela existe parmi nos apprenants.
Un point de vigilance commun : la proximité crée des interférences. Un coréanophone appliquera des tournures coréennes qui n'existent pas en japonais ; un sinophone lira un kanji avec sa prononciation chinoise. Ces erreurs ne gênent pas toujours la communication, donc elles ne se corrigent pas spontanément — et elles s'installent. C'est précisément le rôle d'un formateur de les repérer tôt.
C'est aussi ce qui guide notre façon de construire un parcours : partir de ce que vous avez déjà pour ne travailler que ce qui manque réellement. Apprendre autrement, apprendre en s'amusant, c'est aussi ne pas refaire le chemin déjà parcouru.
Pour aller plus loin
Pour une vue d'ensemble des niveaux, des rythmes et des parcours possibles, consultez notre guide complet : apprendre le japonais en France en 2026.
Nos cours de japonais s'adressent principalement à un public adulte, en petits groupes ou en individuel, à Massy et en visioconférence. Signalez dès le premier échange si vous parlez chinois ou coréen : c'est l'information qui modifie le plus la construction du parcours, bien davantage que votre niveau de départ en japonais.
Xi HUANG
Vous parlez déjà coréen ou chinois, et vous envisagez le japonais. La question qui vient immédiatement : les trois langues étant asiatiques, l'apprentissage sera-t-il plus facile ?
La réponse dépend entièrement de laquelle des deux vous parlez — et elle est contre-intuitive. Le chinois et le japonais partagent une écriture mais rien de leur grammaire. Le coréen et le japonais ne partagent aucune écriture mais une architecture grammaticale d'une proximité remarquable. Autrement dit, les deux profils bénéficient d'avantages opposés, et il vaut mieux savoir lequel est le vôtre avant de commencer.
Si vous parlez coréen : la grammaire est offerte
C'est de très loin le transfert le plus puissant, et il est régulièrement sous-estimé parce qu'il ne se voit pas au premier coup d'œil.
Le coréen et le japonais partagent une structure de phrase quasi identique :
Ordre sujet-complément-verbe. Le verbe se place en fin de phrase dans les deux langues, avec les mêmes conséquences sur la façon de construire son propos.
Un système de particules parallèle. Le japonais は / が / を / に / で correspond assez directement au coréen 은/는, 이/가, 을/를, 에, 에서. Les valeurs se recoupent au point qu'on peut souvent traduire particule par particule.
La distinction thème/sujet. C'est l'un des points les plus difficiles pour un francophone — la différence entre は et が. Un coréanophone la possède déjà, avec 은/는 contre 이/가.
Les niveaux de politesse encodés dans le verbe. Les deux langues modifient la terminaison verbale selon le rapport social. Le concept est acquis ; seules les formes changent.
Les propositions relatives antéposées. Dans les deux langues, ce qui qualifie un nom se place avant lui, sans pronom relatif. Un francophone met des mois à s'y faire.
Un lexique sino-xénique commun. Une part importante du vocabulaire savant vient du chinois classique dans les deux langues, avec des correspondances de prononciation régulières. 도서관 (dosŏgwan) et 図書館 (toshokan), la bibliothèque, sont le même mot.
En pratique, un coréanophone peut construire des phrases japonaises correctes dès les premières semaines. Ce qui lui manque, c'est le vocabulaire proprement japonais et surtout l'écriture — mais l'architecture, elle, est déjà en place.
Si vous parlez chinois : l'écriture est à moitié acquise
L'avantage est réel, mais il porte sur un autre terrain — et il comporte un piège sérieux.
Ce que vous gagnez. Les kanji japonais sont des caractères chinois. Vous en reconnaissez immédiatement le sens dans la grande majorité des cas, ce qui vous donne un accès à l'écrit inaccessible aux autres débutants. Là où un francophone met deux ans à lire un texte simple, vous en saisissez l'essentiel dès le départ. Vous savez aussi écrire les caractères, avec l'ordre des traits — un savoir-faire qui demande des mois.
Le piège. Chaque kanji japonais possède généralement plusieurs lectures : une ou plusieurs lectures d'origine chinoise (on'yomi) et une ou plusieurs lectures japonaises (kun'yomi). Le caractère 生 en compte plus d'une dizaine. Savoir ce que signifie un caractère ne vous dit donc pas comment le prononcer, et c'est la prononciation qui permet de parler.
Le risque concret est de développer une compréhension écrite très supérieure à la compétence orale — de lire un journal tout en étant incapable de commander un café. C'est un déséquilibre extrêmement fréquent chez les sinophones apprenant le japonais.
Le second piège : les faux amis graphiques. Certains composés s'écrivent pareil et ne signifient plus la même chose. 手紙 signifie « lettre » en japonais et « papier toilette » en chinois. 娘 désigne une fille (au sens d'enfant) en japonais, une mère en chinois. 汽車 est un train à vapeur en chinois, une automobile en japonais. Ils sont peu nombreux mais mémorables.
Ce que le chinois ne vous donne pas du tout : la grammaire. Le chinois est isolant, sans conjugaison ni particules casuelles, avec un ordre sujet-verbe-complément. Le japonais est agglutinant, avec des verbes conjugués et des particules omniprésentes. Sur ce plan, un sinophone part exactement du même point qu'un francophone.
Ce que personne ne récupère : les kana et l'oral
Deux blocs de travail sont incompressibles quel que soit votre profil.
Les hiragana et les katakana, 46 signes chacun. Ils s'apprennent en quelques semaines et conditionnent tout le reste : sans eux, on ne lit ni la grammaire ni les mots étrangers. Aucune langue d'origine ne vous les offre.
La prononciation japonaise. Elle est objectivement simple — peu de sons, syllabes régulières, pas de tons au sens chinois — mais elle demande des ajustements spécifiques. Un sinophone doit désapprendre le réflexe tonal ; un coréanophone doit travailler la distinction entre voyelles longues et brèves, qui change le sens.
Un plan adapté à chaque profil
Si vous venez du coréen : foncez sur l'écriture. Les kana d'abord, puis les kanji par groupes de sens plutôt que par listes. Votre grammaire suivra presque toute seule ; ne perdez pas de temps à réapprendre ce que vous savez déjà. Prévoyez en revanche un travail sérieux sur le vocabulaire d'origine japonaise, qui n'a aucun équivalent coréen.
Si vous venez du chinois : priorité absolue à l'oral et à la grammaire. Résistez à la tentation de vous appuyer sur les kanji, qui vous donneront un faux sentiment de progression. Une règle utile : pendant les trois premiers mois, travaillez principalement en kana et à l'oral, quitte à sous-utiliser votre avance graphique. Elle vous attendra.
Dans les deux cas : parlez dès la première séance. C'est le point qui distingue ceux qui progressent de ceux qui accumulent des connaissances sans jamais les activer.
Combien de temps gagne-t-on ?
Des repères, pour deux heures hebdomadaires avec une pratique quotidienne courte, comparés au parcours d'un francophone sans langue asiatique :
Coréanophone : environ 40 % de temps en moins jusqu'au niveau intermédiaire. Le gain porte sur la grammaire, qui représente l'essentiel de l'effort initial.
Sinophone : environ 30 % de temps en moins, mais réparti très inégalement — un gain énorme sur la lecture, quasi nul sur l'expression orale.
Les deux à la fois : le profil idéal, avec un gain qui peut dépasser la moitié du temps. C'est rare, mais cela existe parmi nos apprenants.
Un point de vigilance commun : la proximité crée des interférences. Un coréanophone appliquera des tournures coréennes qui n'existent pas en japonais ; un sinophone lira un kanji avec sa prononciation chinoise. Ces erreurs ne gênent pas toujours la communication, donc elles ne se corrigent pas spontanément — et elles s'installent. C'est précisément le rôle d'un formateur de les repérer tôt.
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Allemand A1 - Grands débutants
Pour
Adultes
De zéro à vos premières phrases en allemand : une formation conçue pour les grands débutants et les faux débutants avec quelques notions. Willkommen — bienvenue dans votre apprentissage !

Allemand A2 - Élémentaire
Pour
Adultes
Consolider vos bases et gagner en autonomie pour parler de votre quotidien, raconter vos expériences passées et exprimer vos goûts en allemand.

Allemand B1 - Seuil
Pour
Adultes
Atteindre le seuil d'autonomie : argumenter, raconter en détail, comprendre l'essentiel d'un texte et soutenir une conversation en allemand sur des sujets familiers.

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Consolider vos bases et gagner en autonomie pour parler de votre quotidien, raconter vos expériences passées et exprimer vos goûts en allemand.

Allemand B1 - Seuil
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Atteindre le seuil d'autonomie : argumenter, raconter en détail, comprendre l'essentiel d'un texte et soutenir une conversation en allemand sur des sujets familiers.

Allemand B2 - Avancé
Pour
Adultes
Manier l'allemand avec aisance sur des sujets variés, défendre un point de vue argumenté, comprendre articles de presse et discussions complexes.

